Né en 1995 à Séville, Espagne. Vit et travaille à entre Paris, France et Barcelone, Espagne.
Une chaise renversée, une empreinte dans la mousse, le contenu d’une bouteille encore en train de se répandre sur la table. Dans les œuvres d’Eladio Aguilera, quelque chose vient toujours d’avoir lieu. Manqués de peu, les protagonistes semblent avoir déserté, laissant derrière elleux les traces d’un récit en pointillé. Sur la scène de ces théâtres sans acteur·ices, le·a visiteur·euse est fait·e témoin, parfois héritier·ère, d’une histoire encore en train de s’écrire. La narration passe par l’espace, partagé, social, structuré par celleux qui l’habitent.
Dans une scénographie de l’absence, les indices de ce qui a été et de ce qui pourrait être nous plongent dans une expérience sensible où chaque anomalie raconte ce qui advient hors-champ, hors-temps. Les choses portent une mémoire d’usage, les ratés et les petits accidents évoquent des gestes familiers, suggèrent des relations, des vécus suspendus.
Eladio Aguilera investit ainsi une esthétique de l’après, emplie de clins-d’oeil nostalgiques qui ne glorifient pas un passé vétuste mais participent d’une survivance des formes. Les feuilles mortes, fleurs séchées et papiers jaunis s’inscrivent dans une continuité, une cyclicité où chaque référence est une réactivation, une reconfiguration. Ce sont des fragments culturels, des faits sociaux que l’époque ne laisse pas disparaître.
De l’installation à la curation, Eladio Aguilera envisage ainsi l’espace comme une matière tout sauf figée, modelée collectivement, par chaque regardeur·euse, à chaque relecture. Ses scènes restent ouvertes, prêtes à être rejouées, déplacées par celleux qui les traversent et, inévitablement, les réécrivent.
Écrit par Juliette Gaufreteau.
Dans la lignée de ‘L'esprit des formes’, Eladio Aguilera présente des œuvres et recherches en cours qui explorent les relations entre nature, architecture et peinture. Il s'intéresse aux motifs ornementaux qui habitent nos espaces, domestiques comme sacrés : les formes végétales et florales, que l’on retrouve notamment dans le mobilier, bénéficient d'un statut ambivalent, à la fois images, incarnations symboliques et éléments structurels.
Ode aux fleurs, feuilles, tiges et troncs qui s'invitent dans nos intérieurs, ‘Basculer vers le soleil’ s'intéresse aussi aux processus par lesquels l’architecture s’organise autour de la lumière naturelle. La quête de la lumière naturelle, de sa capacité à apporter de la chaleur et à réhausser les couleurs, façonne l'organisation des espaces. La peinture et l’architecture partagent cette dépendance évidente à la lumière : tissus, rideaux et autres tentures interviennent dans ces deux disciplines en tant qu’éléments communs qui filtrent, diffusent, dissimulent ou orientent la lumière, tout en régulant et en conditionnant le regard.
190 Bd Gustave Flaubert
à partir de 18h30