Eladio Aguilera

Né en 1995 à Séville, Espagne. Vit et travaille à entre Paris, France et Barcelone, Espagne.

Une chaise renversée, une empreinte dans la mousse, le contenu d’une bouteille encore en train de se répandre sur la table. Dans les œuvres d’Eladio Aguilera, quelque chose vient toujours d’avoir lieu. Manqués de peu, les protagonistes semblent avoir déserté, laissant derrière elleux les traces d’un récit en pointillé. Sur la scène de ces théâtres sans acteur·ices, le·a visiteur·euse est fait·e témoin, parfois héritier·ère, d’une histoire encore en train de s’écrire. La narration passe par l’espace, partagé, social, structuré par celleux qui l’habitent.
Dans une scénographie de l’absence, les indices de ce qui a été et de ce qui pourrait être nous plongent dans une expérience sensible où chaque anomalie raconte ce qui advient hors-champ, hors-temps. Les choses portent une mémoire d’usage, les ratés et les petits accidents évoquent des gestes familiers, suggèrent des relations, des vécus suspendus.
Eladio Aguilera investit ainsi une esthétique de l’après, emplie de clins-d’oeil nostalgiques qui ne glorifient pas un passé vétuste mais participent d’une survivance des formes. Les feuilles mortes, fleurs séchées et papiers jaunis s’inscrivent dans une continuité, une cyclicité où chaque référence est une réactivation, une reconfiguration. Ce sont des fragments culturels, des faits sociaux que l’époque ne laisse pas disparaître.
De l’installation à la curation, Eladio Aguilera envisage ainsi l’espace comme une matière tout sauf figée, modelée collectivement, par chaque regardeur·euse, à chaque relecture. Ses scènes restent ouvertes, prêtes à être rejouées, déplacées par celleux qui les traversent et, inévitablement, les réécrivent.

Écrit par Juliette Gaufreteau.

@eladio_aguilera

résidence

14.09.26 – 08.11.26

Résidence croisée Barcelone,
à Clermont-Ferrand
en partenariat avec Homesession