Natalia Domínguez

« We can’t breath ».[1]
Au cœur des installations de Natalia Domínguez, résonne comme un signal de détresse. Essoufflé, étouffé, il peine à se faire entendre dans un monde où l’air vient à manquer, où une respiration n’est plus une évidence. L’air est conditionné.

Conditionné par le « progrès », les ambitions de croissance et de développement, les logiques extractivistes, accompagnées de leur lot d’exploitations et d’oppressions.
Parce qu’imperceptible à l’œil nu, l’air est un impensé. Son récit est celui d’un invisible, libre, omniprésent, naturel et vital. Sa réalité est plutôt celle d’un commun pollué, rendu toxique par les activités humaines. Les respirations sont traversées d’enjeux matérialistes, l’expérience de l’air et de sa qualité est soumise à des conditions économique et sociales inégales. Ne souhaitant pas se résoudre au désenchantement, Natalia Domínguez propose dans sa pratique d’envisager la respiration non comme un instinct inquestionné mais comme un acte manifeste, un geste apte à dilater les idées préconçues.

Dans ses agencements sculpturaux, une toile de parachute ou un tuyau d’aération, extraits de leur pure fonctionnalité, révèlent la matérialité de l’air, le « dés-in-vibilise »[2]. Des pistes sonores prennent part aux oeuvres, constituent un paysage sensible et immersif qui joue avec les manques, les interstices et les inconforts. Au rythme des inspirations, expirations et souffles coupés, on se confronte alors aux enjeux d’un insaisissable, prêt·es à entendre les soupirs des voix silenciées.

[1] « On ne peut pas respirer / On étouffe ». Slogan utilisé lors des manifestations du mouvement Black Lives Matter à la suite de l’assassinat par asphyxie d’Eric Garner (2014) puis de George Floyd (2020) par les forces de polices américaines.
[2] Terme développé par l'architecte et chercheuse Nerea Calvillo dans “Aeropolis: Queering Air in Toxicpolluted Worlds”.

nataliadominguez.com

résidence

01.09.25 – 31.10.25

Résidence croisée Barcelone,
à Clermont-Ferrand
en partenariat avec Homesession

ouverture d'atelier

30.10.25, 18:30

Ouverture d'atelier,
à Artistes en résidence, la Diode, Clermont-Ferrand

Le 30 octobre 2025 à 18h30, Artistes en résidence ouvre ses portes et invite les visiteur·euses à découvrir les recherches de Natalia Domínguez et Doris Hardeman, effectuées pendants leurs résidences respectives, résidence croisée avec Barcelone d'une part, résidence 100 jours de l'autre.

Cet évènement sera également l'occasion de rencontrer et d'accueillir Julían León Camargo, artiste et curateur Colombien résidant en Argentine. Reçu dans le cadre de la résidence curatoriale nomade coordonnée par Arts en Résidence - réseau national et Red Quincho - réseau argentin des résidences, il introduira son travail lors d'un temps de présentation et d'échange commençant à 19h.

190 Bd Gustave Flaubert, Clermont-Ferrand