Mohamed Monaiseer

Né en 1989 au Caire, Egypte, vit et travaille au Caire, Egypte

La pratique de Mohamed Monaiseer repose sur les traditions orales, les mythes et légendes locales, et les dynamiques organiques qui structurent les histoires contées. Préoccupé par l’histoire coloniale et ses reliquats contemporains, il s’attache à envisager les processus de transmission comme des lieux de réappropriation du récit. Grandement inspiré par les temporalités et le savoir-faire du monde artisanal, Mohamed Monaiseer recourt à des gestes ritualisés, minutieux et méditatifs, empreints d’un puissant caractère traditionnel.
Au fil des rencontres et des anecdotes, il collecte les mots et les matériaux qui composent les fables. Déambulant dans les rues des villes qui l’abritent, il glâne les tissus, perles, débris, mixtures, teintures et motifs qui façonnent chaque vécu. Effrayé par la neutralité du jeune et du neuf, il trouve un apaisement dans les traces d’usure des choses qui ont de l’âge, imprégnées d’une spiritualité de l’ordinaire. Il s’émerveille des récits individuels et les tisse en une narration collective, contemporaine et polyphonique. Ce faisant, l'artiste participe à leur voyage, leur transformation à chaque énonciation, à chaque écoute, les traduit dans un nouveau langage : celui des formes, inscrit dans la matière.

Attentif aux subtils mouvements symboliques de chaque histoire, Mohamed Monaiseer interroge dans ses œuvres les notions de vérité et de fantaisie, porte son attention sur les éléments qui manquent à la trame narrative, les choses exprimées en creux. Brouillant les frontières qui séparent la fiction du réel, le passé du présent, il nous invite à tendre l’oreille et prêter un œil aux innombrables détails qui transcendent par leur richesse les limites d’une réalité unique.

Écrit par Juliette Gaufreteau.

@mohamedmonaiseer

résidence

25.03.26 – 25.04.26

Résidence 100 jours,
à Clermont-Ferrand