Ghyzlène Boukaïla

Née en 1993 à Alger (Algérie), vit et travaille entre Alger et la France.

« Qu'est-ce que l’illégalité, sinon la poursuite passionnée d'alternatives ?°»
Dans son projet le plus récent, Inner Sea Desire, Ghyzlène Boukaïla redessine la méditerranée comme un lieu des possibles, où les passeures et leurs passager·ères s’emparent de la figure du corsaire. Iels transcendent alors leur statut de fugitif·ves pour revendiquer celui d’explorateur·ices. L’exil devient quête initiatique, la fuite, une lutte indirecte. Celle « des salauds et des hors-la-loi, [de celleux] qui cherchent à s’extraire des dominances hiérarchiques, des anormaux°°».

Par le biais du film, de l’installation et de la sculpture, Ghyzlène Boukaïla pirate les narrations dominantes. Dans le sujet comme dans la forme, des frontières sont dépassées, déplacées. Les scènes qui s’étirent en longueur, les voix hors-champ, les écrans multiples, les décors immersifs, sont autant de manières pour l'artiste d'investir les seuils, ces espaces transitoires disponibles à la spéculation.
Elle ouvre des espaces de latence, où l'attente est active, mémorielle. Une ruelle désolée, un village fantôme, l'horizon à perte de vue, sont le théâtre de mythologies renouvelées, transformations en potentiel. Ghyzlène Boukaïla nous invite à la rejoindre dans ces lieux désertés jusque dans les discours, inconfortables à la pensée, pour envisager ensemble des perspectives inespérées.

°Jack Halberstam citant un zine de Shahrzad Collective, The queer art of failure, 2011.
°°Élodie Brémaud, Les Suivants ou les limites de nos capacités, 2017.

@ghyzlene_b

résidence

15.04.26 – 29.04.26

Résidence 100 jours,
à Clermont-Ferrand