Filippo Minoglio

Né en 1999 à Padova (Italie), vit et travaille à Venise (Italie).

Une percée de la frontière entre le naturel et l'artificiel ; Filippo Minoglio nous questionne sur notre perception du vivant.
Par son utilisation d'un registre formel mou, l'artiste se place contre la dureté comme symbole de dominance et de rationalité. Ici, les choses ne s'érigent pas, elles coulent et s'inscrivent dans une temporalité cyclique où rien n'est début ni fin. La matière s'épuise et se reconstruit, mettant à mal l'idée de progrès linéaire. Elle lui sert alors d'outil critique des contextes de productions et des modes d'exposition.

Les matières de l'artiste attirent et repoussent, corps désarticulés, démembrés, transformés. Ses fossils caramélisés débordent et s'épanchent, tels des intestins qui coulent de nos chairs flétries. Mais dans cette putrescence de l'imagerie invoquée, les formes ont été manipulées avec une grande douceur. L'artiste cherche à pousser la matière à ses limites, sa déchirure, ce qui lui demande une attention particulière dans sa manipulation. Cet épuisement se fait aussi dans la sérialité, qui permet l'exploration approfondie d'un registre formel et conceptuel.

Par son travail, l'artiste propose une perception nouvelle qui valorise des modes de vie à priori différents des nôtres. Filippo Minoglio saisit ainsi par la photographie des papillons de nuit venus se perdre sur ses doigts, sur ses murs. Êtres spectraux à la recherche de lumière. Corps non-humains contre corps humains.

Écrit par Andrea Malapert.

résidence

10.11.25 – 20.12.25

Résidence Nuovo Grand Tour,
à Clermont-Ferrand
en partenariat avec DGCC, Institut Français Italia, Institut Culturel Italien de Paris.

ouverture d'atelier

18.12.25, 18:30

Ouverture d'atelier,
à Artistes en résidence, la Diode, Clermont-Ferrand

Me as an exhausted bat

Bien que la chauve-souris soit le point de départ des recherches de Filippo Minoglio sur le territoire clermontois, elle n’en est pas tout à fait le sujet. De fait, s’il s’inspire des qualités formelles des gîtes construits pour abriter ces animaux nocturnes, il convoque surtout l’imaginaire qui les accompagne : celui de la pénombre, spectral et indéfini. La figure d’un·e intrus·e en quête de repos, hôte de passage, habite les pièces de l’artiste. La nuit et l’étrange s’invitent dans l’espace domestique, hanté de créatures en puissance, avachies, endormies, fantomatiques. Les formes s’affaissent et se redressent, cherchent un appui, rampent et se faufilent. Le socle et le support sont renversés, décomposés, se préparent à accueillir des corps empreints de lassitude. Jeu d’assemblage de matériaux bruts ponctués de couleurs vives et d’une certaine absurdité, le processus de Filippo Minoglio se veut amusé et intuitif, poursuite d’une étrangeté familière capable de retranscrire la matière de la nuit.

Écrit par Juliette Gaufreteau.

à Artistes en résidence, La Diode,
190 Bd Gustave Flaubert, Clermont-Ferrand.