Doris Hardeman

Née en 1993, vit et travaille à Bruxelles, Belgique.

Les typologies esthétiques émergentes qui imprègnent les discours et cultures visuelles contemporaines révèlent la fascination des sociétés occidentales pour un mode de vie rural idéalisé, ritualisé, et empreint d'une nostalgie du "bon vieux temps". Doris Hardeman interroge dans sa pratique plastique et dans ses écrits la mécanique de ce processus de glorification de la tradition. Objets, matières, symboles et fragments narratifs sont agencés en des environnements empreints de poésie, décors d'un romantisme 2.0. Que rejouons-nous sur la scène du capitalisme tardif ? Côté cour, un symbolisme roi, une authenticité manufacturée, un passé fantasmé, des travailleur·euses aliéné·es. Côté jardin, une fiction émancipatrice, un désir d'évasion partagé, une oisiveté réflexive. Loin de tomber dans un dualisme facile et rigide, Doris Hardeman ouvre des dramaturgies complexes, peuplées de personnages en questionnement, léthargiques à l'esprit fuyant. Enlisé·es dans les tragédies ordinaires de ses textes, iels désertent ses installations, ne laissant derrière elle·eux que les traces de leur présence. Sensible aux matériaux, aux valeurs et aux usages qui informent les choses et les espaces, Doris Hardeman questionne la façon dont un lieu, un objet ou un récit deviennent symboles, acquièrent une charge idéologique qui surpasse leur portée purement utilitaire. Alors, la fiction excède la fonction, l'ornement devient structurel, la rose, la moulure et la volute citent en trompe-l'oeil une histoire magnifiée.

Écrit par Juliette Gaufreteau.

www.dorishardeman.com

résidence

10.03.25 – 13.04.25

Résidence 100 jours,
à Clermont-Ferrand

09.09.25 – 09.11.25

Résidence 100 jours,
à Clermont-Ferrand

ouverture d'atelier

30.10.25, 18:30

Ouverture d'atelier,
à Artistes en résidence, la Diode, Clermont-Ferrand

Sensible aux matériaux, aux valeurs et aux usages qui informent les choses et les espaces, Doris Hardeman s'intéresse à la façon dont un lieu ou un objet deviennent symboles, acquièrent une charge idéologique qui surpasse leur portée utilitaire. Au fil de ses recherches, elle s’interroge : Quel rôle jouent les ornements dans l’espace domestique ? Quelle place occupent-ils dans le paysage industriel ?
Entame de réponse à ces questionnements, les sculptures qu’elle présente en cette fin de résidence prennent part à un cheminement intuitif, une transcription plastique abstraite de la façon dont les architectures entrent en relation avec les corps et les individus. Elles explorent l’idée selon laquelle une couleur ou une moulure ne sont pas uniquement décoratives, mais matérialisent des seuils, une liminarité. Défonctionnalisés, balustrades et conduits se révèlent en marqueurs d’espace, nous renvoient à notre propre corporéité, à la physicalité de nos déplacements. Doris Hardeman nous invite ainsi à considérer la façon dont les structures et les corps s’habitent et s’influencent réciproquement, comment ils s’orientent et se délimitent, participent d'un même agencement.

Écrit par Juliette Gaufreteau.