Né en 1996 au Chili, vit et travaille à Hambourg, Allemagne.
"Je veux être un scientifique qui n'y connaît rien à la science, comme un insecte qui imite une feuille."°
Dans ses peintures et installations, Diego Lucas explore des phénomènes géologiques, météorologiques et spatiaux, qui, bien qu’étant scientifiquement explicables, restent entourés d’une aura mystérieuse. Trous noirs, tempêtes, gravité, évaporation… toutes ces manifestations nous renvoient à des questions profondément existentielles et vertigineuses : sur le temps qui passe, les échelles de mesure qui varient jusqu’à devenir inefficientes ou inimaginables, la magie mais aussi la violence des interactions écosystémiques. Diego Lucas partage avec les romantiques un évident attrait pour le sublime, une beauté alliant fascination et terreur, capable de défier les limites de notre imaginaire.
Peut-être afin de s'ancrer plus profondément dans une réalité matérielle intelligible, Diego Lucas choisit - tout en y étant contraint par sa précarité d'artiste - de travailler avec des matériaux pauvres, récupérés, chargés d'histoire ou alors juste de l'absurdité de leur existence : tableaux noirs, chutes de bois, scotch, nappes de table, silicone ou mousse expansive périmée, bouteilles en plastique, fleurs volées, gravier et pierres trouvées.
À Clermont-Ferrand, Diego Lucas se tourne naturellement vers les volcans qui dominent la ville. Construite en pierre volcanique sombre, la ville noire est traversée de flux souterrains et de poussées vers le ciel, sources d'une friction permanente mais invisible. Par la sculpture, le frottement, l'érosion et la dilatation, Diego Lucas tente de dresser des parallèles entre la mélancolie des humain·x·es et celle qui émane de la terre qu'iels habitent.
°Diego Lucas, note d'intention pour la résidence 100 jours
Écrit par Isabelle Henrion.